— Admettons…

Elle lève son arme à la hauteur de mon nez.

— Je te fais sauter le nez. Ce serait dommage pour ton physique.

— Je comprends.

— Et, note bien, ça ne te tuerait pas.

— Tu tiens tant que cela à me conserver vivant ?

— Tu n’as pas idée de ce que j’ai besoin de ta vie. Je vais te faire payer ça, mon petit, chaque jour. Tu verras comme j’ai de l’imagination. Allez, en route !

Comme je débraie, le merveilleux intervient, comme il intervient toujours dans mes petites affaires lorsque je commence à perdre de la vitesse. Une forme sombre pareille à celle d’un chien bondit de la banquette arrière. Il ne s’agit pas d’un clébard mais de Laura. Celle-ci a empoigné le bras de Thérèse-Elsa Maurer et le tient renversé.

— Arrache-lui vite son revolver ! me crie-t-elle.

Je lui obéis. J’en profite également pour récupérer le mien. Sans attendre une nouvelle invitation de Laura, je file un coup de crosse sur la tête de l’espionne, presque aussi monumental que celui attribué gratuitement au maître d’hôtel italien, tout à l’heure.