Il est fortiche, le mec.

Cette sacrée Thérèse nous fera endéver jusqu’au bout. Je regrette de ne pas l’avoir liquidée plus tôt.

En regardant la route que nous venons de suivre, j’aperçois effectivement une traînée sanglante.

L’instant est critique. Les premières maisons de Gand sont à moins de cent mètres ! Sûr et certain que quelque pied nickelé va alerter les autorités et que je serai bientôt obligé de soutenir un siège dans mon garde-manger à macchabs. Sans compter que des voitures allemandes peuvent surgir d’une seconde à l’autre.

Il convient de presser le mouvement.

Je quitte ma veste, la roule en boule et la balance à droite de la voiture. Aussitôt un jet de balles part dans cette direction. Pendant que l’Allemand mord à ma feinte, je descends de l’auto et je rampe sur la gauche. Lorsque j’arrive à la hauteur du dernier pneu je me mets à genoux. J’attends, l’arme prête sur mon bras replié en support. Ulrich finira bien par se découvrir.

Ça ne manque pas. Il se découvre fort peu du reste, mais c’est suffisant pour me permettre de risquer le gros coup. Je vois sa main au revolver qui dépasse le capot de sa traction. Je vise et : vlan ! je la lui fracasse.

Il lâche son arquebuse et se roule, en hurlant, dans la poussière.

— Hello, Ulrich, je lui fais, je t’avais bien dit qu’on se retrouverait.

— San-Antonio, balbutie-t-il.