Je bluffe :

— Écoutez, vieux, ne vous cassez pas la bouille inutilement. Puisque vous avez entendu parler de moi, vous devez savoir que je ne parlerai pas. Évidemment, vous pouvez essayer des petits trucs raffinés sur ma personne. Si vous êtes sadique, comme la plupart de vos copains, faites-le, mais soyez intimement persuadé que cela ne vous avancera à rien. Ceci dit, je la boucle définitivement…

L’homme à l’harmonium sort un magnifique étui à cigarettes de sa poche-revolver et s’offre une pipe.

Je suppose qu’il va m’en offrir une, pour souscrire à la tradition, et déjà je souris de pitié.

Mais il rengaine son étui et je suis marron.

— Je vais être beau joueur, monsieur le commissaire, dit le type blond. Je considère que vous ne parlerez pas et je vous fais grâce des petites cérémonies destinées à rendre les gens loquaces.

Il se tourne vers Arthur et le chauffeur.

— Emmenez Monsieur à la cave et exécutez-le sans brutalité.

Il me sourit encore.

— Nous sommes chevaleresques quelquefois.