— Compliment, lui dis-je. Comme concentré de charogne on n’a rien fait de mieux depuis la création du monde.
Il se fout de ce que je lui bonnis, parce qu’il a récupéré sa pétoire et qu’il la tient serrée contre sa hanche, prêt à nous donner un échantillonnage de sa marchandise.
— Heureusement que tes potes se gourent de baraque ! murmuré-je en regardant par la fenêtre.
Évidemment, il regarde à son tour, c’est un réflexe obligatoire.
Je n’attends pas qu’il s’aperçoive que je bluffe pour lui mettre un uppercut à la pommette gauche. Il chancelle.
D’une tape, je lui fais lâcher son feu. Je le ramasse et le sonne d’un coup de crosse qui doit être au moins le cousin germain de celui qu’il m’a refilé tout à l’heure.
Puis j’attrape Laura par la main et je l’entraîne dans la pièce voisine. Déjà, des bottes font trembler l’escalier de bois.
J’ai la sueur aux tempes. M’est avis que ça va saigner !
La carrée d’à côté ressemble à la précédente : elle est tout aussi délabrée. Heureusement elle comporte une fenêtre. Nous nous y précipitons, je constate qu’elle donne sur le derrière de la maison, là où s’étend le terrain vague que j’ai traversé à la suite de Thierry.
La croisée est à environ trois mètres du sol et des orties poussent juste dessous.