Je convoque mon petit doigt pour une conférence secrète et nous tombons d’accord pour décréter que les événements se précipitent et que si je ne me manie pas les os, le gars San-Antonio sera bientôt le prototype du parfait macchabée ; il y a trop de gens qui lui veulent du bien en circulation.

— Police ! je me mets à gueuler.

Aussitôt il se fait un grand silence et, toutes les bouilles se tournent de mon côté, ravagées par la curiosité. Ça leur paraît un peu coton, un flic en manches de chemise, mais la situation est telle que je pourrais leur faire admettre que je suis le shah de perse ou Edgar Faure.

— Il y a un instant, on a apporté un petit paquet. Ce paquet a été remis à la caisse. Quelqu’un se trouvait-il à proximité à ce moment-là ?

— Moi, dit un garçon d’étage.

— Parfait, venez avec moi dans ma chambre afin que nous discutions un brin.

Des agents s’amènent. Je leur dis qui je suis et leur ordonne de calmer tout le monde. Puis je vais dans la cabine du téléphone afin de prévenir le chef.

— C’est inouï, cet acharnement après vous ! s’exclame-t-il.

— En effet.

— Normalement, ces gens-là, après ce qui s’est passé cette nuit, devraient n’avoir qu’un souci : se terrer !