— Je crois l’avoir déjà vu dans le quartier.
Je noue ma cravate et je me plante devant le larbin.
— Écoutez, vieux, posez votre tablier et suivez-moi. Il faut que nous retrouvions ce gosse coûte que coûte ; ça urge.
— Bien, monsieur.
Un gai soleil illumine Paris. Je respire à pleine poitrine l’air humide. C’est rudement fameux de respirer lorsqu’on a traversé des heures comme celles que je viens de vivre. La rue est très animée. Y a des marchandes des quatre saisons arrêtées le long des trottoirs et qui gueulent qu’elles donnent leur marchandise. Y a des concierges sur le pas de leur porte ; y a ce joyeux populo de la rue de Paris, quoi ! Nous, ce qui nous intéresse, ce sont les chiares. Nous les biglons sous le nez avec tant d’attention que des gens se retournent, croyant que nous sommes une paire de satyres en vadrouille.
— Où l’avez-vous déjà vu le môme ?
Il hausse les épaules.
— Par là… Je ne peux pas préciser… Vous savez, je ne pensais pas qu’un jour…
Bien sûr, il ne se doutait pas « qu’un jour ». Si les gens se doutaient « qu’un jour »… tout serait terriblement simplifié. Et ça serait moins marrant, faut dire ce qui est !
Je pose ma patte sur le bras du garçon d’étage.