Nous débouchons dans le bureau ; en effet, un petit lit de camp y est dressé. Bertrand fait son dodo dedans. C’est un grand moustachu. Il ronfle comme un Constellation. Je le secoue, mais autant essayer de réveiller un poteau à haute tension !

Je remarque une petite bouteille de gnole sur le traversin.

— Il est schlass, votre Bertrand ! dis-je au larbin.

— Lui ! Non, il boit un peu d’alcool à cause de sa grippe, mais je ne l’ai jamais vu ivre.

Je débouche le flacon et je le porte à mon pif. Je renifle une odeur douceâtre, par-delà celle du marc…

— On l’a drogué, expliqué-je.

« Où se trouve la chambre du professeur ? »

— Par ici ! couine la femme de chambre que l’affolement semble gagner.

Nous courons cette fois. La chambre du professeur est vide. Son lit est défait. Il y a une chaise renversée ; quelques gouttelettes de sang mouchettent l’oreiller.

— Il n’y est pas, remarque le domestique, lequel doit être un costaud de la déduction.