Enfin, peu importe…
J’entreprends une petite visite générale des lieux.
Exceptée la chambre du professeur, tout est dans un ordre parfait. Dans la piaule d’Héléna je prends mon temps.
Elle est impec, cette chambrette. De la soie, du satin ! J’aime ça, toujours mon âme de poète, quoi !
La penderie est pleine de fringues dignes d’une reine de beauté : des robes de cocktails, des robes de soirées, des tailleurs, des jupes, des corsages, des pulls…
Je referme la penderie, songeur. Je suis songeur parce qu’un fait quelconque a attiré mon subconscient. Un petit fait de rien… Inutile d’essayer de le mettre à jour maintenant ; je me connais, ça me reviendra en ruminant, plus tard.
— Il faut prévenir la police, gémit la bonne.
Je lui réaffirme que, pour l’instant, la police c’est moi et je leur conseille, avant de m’en aller, de préparer des grogs fortement musclés et de les boire en attendant la suite des événements.
Je remonte dans ma bagnole et j’appelle le quartier général. Ça, c’est le mauvais moment ! Va falloir que je déballe le linge sale au patron. Justement, malgré l’heure tardive, il est encore là, le patron. Et s’il est encore là, c’est parce qu’il attend de mes nouvelles.
Je lui bonnis ce conte de ma mère-grand. Je le fais le plus succinctement possible. Quand j’ai achevé, il y a un silence coupé par les grésillements de mon appareil.