— Vous croyez, s’informe-t-il, que la bande n’est pas entièrement détruite ?
— Il me semble que la preuve nous en a été fournie.
— Certes, mais une chose me trouble et me chiffonne, San Antonio, c’est que, malgré que votre enquête soit terminée, on cherche à vous faire le coup du père François. C’est maladroit, car, en se manifestant, ces espions, non seulement nous prouvent qu’ils ne sont pas tous arrêtés, mais encore ils nous provoquent.
— Oui, dis-je, votre remarque est pertinente, Favelli, seulement il y a un hic : les membres du gang qui demeurent en liberté ne savent peut-être pas que j’ai terminé mon enquête.
Je fais pivoter mon fauteuil et je mets mes pieds sur un siège voisin. J’allume une nouvelle gitane.
— Ce n’est pas tout ça, poursuis-je : vous allez être gentil et téléphoner à la police de Nice pour lui dire qu’elle m’accorde toute l’aide dont je peux avoir besoin.
Il décroche et réclame Nice au standard. On le lui donne presque aussitôt. Je n’écoute pas toute la kyrielle d’éloges qu’il débite sur mon compte. Je trouve plus passionnant de réussir des ronds de fumée. J’en suis à mon douzième, lorsqu’il se tourne vers moi, l’air satisfait.
— Les voici prévenus, assure-t-il. Vous pouvez faire appel à eux à n’importe quelle heure et dans n’importe quelles circonstances.
— Parfait !
On frappe à la porte vitrée. C’est un garçon du labo qui apporte les résultats. Il me tend un cliché tout frais.