— Prego, signori, parlate francese ?
Un des types murmure quelque chose aux autres et me dit :
— Si, monsieur.
Alors, je me mets à lui expliquer que je me baladais au bord de la mer en compagnie d’une bath pépée que j’avais levée à la terrasse d’une brasserie et que, parvenu dans un endroit désert, deux individus s’étaient jetés sur moi et, après m’avoir dépouillé de mon pognon et de ma veste, m’avaient poussé au bouillon. J’ajoute que s’il avait la bonté de m’emmener jusque chez le consul de France — qui est un ami — il serait largement récompensé.
Il dit gi-go, explique le code à ses acolytes et me fait signe de le suivre.
Comme cela, me voilà paré. Je ne risque pas de faire de mauvaises rencontres puisqu’un voyou me sert d’escorte.
*
Le consulat de France est en pleine ville. C’est une maison pépère, style Médicis. Au-dessus de la porte, j’aperçois la plaque ovale sur laquelle je lis ces mots qui me ravissent : République française. Je me mets à carillonner, ce qui a pour résultat de déclencher les aboiements d’un chien à l’intérieur.
Je recommence, bien décidé à jouer les cloches de Corneville jusqu’à ce qu’il me vienne de la corne dans les mains.
Enfin, une lumière s’éclaire au premier. Je vois une tête ébouriffée qui demande :