— Excusez-moi un instant, murmure-t-il, je vais faire le nécessaire.

Je m’assieds sur un divan aux côtés de Jeannine, je lui prends les mains et je baisse la tête pour ne plus voir couler cette paire de larmes qui me ravage le palpitant.

— C’est ma faute, tout ça, dis-je sourdement. Si je n’étais pas allé frapper à votre porte, cette nuit, rien ne serait arrivé.

Elle secoue la tête en manière de protestation.

— Mon frère a toujours été un impulsif, un risque-tout, malgré ses manières graves.

— Je regrette tellement, si vous saviez.

— Ce n’est pas votre faute, mon pauvre ami, vous avez fait votre métier, c’est tout.

Comme vous êtes tous un tas de pieds-plats, vous ne devez pas rater les films de Laurel et Hardy. Il y a un gag dont ils se servent fréquemment et que vous avez certainement remarqué. Lorsque le type qui veut toujours leur flanquer une correction arrive par un côté qu’ils ne surveillent pas, ils le saluent distraitement et puis, brusquement, l’un des deux réalise et il a un sursaut d’une grosse portée comique. Vous vous souvenez ? Eh bien, c’est quelque chose d’analogue qui se produit pour soi. Soudain je bondis.

— Vous avez dit : « mon frère » !

Jeannine laisse percer de la surprise à travers sa douleur.