— Mettez-vous à plat ventre, crié-je à Jeannine ; il va y avoir un bombardement.
En effet, Bruno réagit sec. Le 9 mm de Sorrenti, tourné dans ma direction, crache épais. Heureusement les balles passent au-dessus de ma tête, car je me suis laissé tomber à genoux et c’est le pauvre Billy qui trinque une fois de plus. Il est couché, tout dégoulinant de sang, en travers de son siège, tandis que sa rouquine hurle comme un remorqueur qui réclame le passage à l’écluse.
Je coule un regard à Jeannine, ça se passe bien de son côté. Elle m’a obéi et elle est ratatinée derrière le dos d’un canapé.
Je vise Bruno à la main et je tire, il pousse un cri, son pistolet tombe sur le tapis.
Else qui n’était pas armée lorsque nous sommes venus roule des yeux fous.
— Les bras en l’air tout le monde ! hurlé-je. Tu vois, Bruno, que mes pièces à moi comportent toujours trois actes. J’en ai ma claque de vos simagrées. Je veux le nom du gars qui possède le plan, pas seulement pour le lui reprendre, mais pour lui régler son compte car c’est lui qui a descendu mon copain le consul. Je vais vous le demander séparément. Toi, la rouquine, as-tu quelque chose à dégoiser ?
Elle secoue la tête éperdument. Cette fille, la chose est claire, n’est qu’une poule à la remorque d’un membre du gang.
— Bon, tu ne sais rien. Alors, toi, Else ?
— Tu peux crever, flic.
Elle me sort une foule d’épithètes peu convenables. Je préfère n’y pas prêter attention, je me tourne vers Bruno.