— Garce, hurlé-je, tu es le plus beau résidu de salope que j’aie jamais rencontré.
Elle ricane, allongée devant le corps de l’Italien. Je vois le canon du pistolet se diriger vers Jeannine. La lutte se passe à même le plancher. Si elle tire, ma petite môme de Jeannine va déguster car elle est toujours à plat ventre derrière le canapé. Or, celui-ci est surélevé d’une vingtaine de centimètres.
Je me précipite et je ne sais pas ce qui se produit, mais Else pousse une plainte sourde et devient toute molle. Sans doute ai-je heurté son bras au moment où elle tirait, et la balle s’est logée dans son cou, la tuant net.
Il se fait un grand silence pendant lequel on n’entend que le bruit de nos respirations oppressées et les dents de la rouquine. Enfin, je toussote un brin pour m’éclaircir la voix.
— Oh ! Oh ! Jeannine !
Elle sort de son coin un peu pâle, mais pas tellement flageolante.
— Ça y est ? demande-t-elle.
— On le dirait, comme baptême du feu, vous n’avez pas à vous plaindre.
— Mais je ne me plains pas.
— Si on allait boire un drink ?