Il faut reconnaître qu’en trois jours, j’ai fourni un fameux travail.
Mais maintenant je vais me faire octroyer quelques jours de vacances.
Troisième partie
VOILÀ LE TRAVAIL !
CHAPITRE PREMIER
La belle vie
Est-ce que ça vous est arrivé, à vous, de vous réveiller un matin, avec la sensation d’être heureux, vraiment heureux, et avec la certitude de pouvoir vous balader à travers le monde, comme dans votre appartement ?
Sinon, vous ne savez pas ce que c’est que la volupté authentique et vous pouvez toujours essayer de fumer de l’opium ou d’embaucher des belles de nuit pour vous distraire.
Ce matin-là, je me sens reposé et neuf. Voilà deux jours que l’affaire est terminée.
Je suis en vacances, c’est-à-dire que j’ai reçu un mandat et un télégramme de félicitation m’accordant un repos illimité, mais je ne me leurre pas ; illimité chez les chefs, ça ne va jamais au-delà de huit à dix jours. Avouez que huit jours sur la Côte c’est toujours bon à prendre. Parce que, je réalise mon rêve : je vais à Nice. J’ai écrit à ma vieille Félicie une longue lettre dans laquelle je lui dis que je compte tirer une petite bordée et où je lui joins une recette pour la bouillabaisse.