— Ça n’est peut-être pas la même auto ?

— Que si : c’est une voiture allemande, a fait pas le même bruit que les autres…

« Prends du feu, San-Antonio ! » me conseille ce salaud de lutin.

J’allonge une demi-jambe au gosse.

— Tu es un champion, lui dis-je, cours acheter des bonbons et offre-toi une indigestion…

Ce faisant, je cherche à lui être agréable, c’est vrai, mais aussi à l’éloigner, car ce que j’ai à faire n’a pas besoin de témoin.

Dès que le vieux vélo a tourné le coin de la haie en zigzaguant, je m’occupe de la serrure du portail. L’actionner est un jeu d’enfant.

Je repousse le vantail et je remonte le chemin dallé qui conduit à la cambuse.

Le perron est majestueux, un peu trop même à mon goût, il offre l’inconvénient de m’exposer aux regards comme un piédestal.

Cette porte-ci est plus récalcitrante que l’autre. Je dois fourrager un bout de temps dans le trou de la serrure avant de la convaincre que je suis le genre de mec à qui ni les femmes ni les lourdes ne résistent.