Cette pourriture ne l’ouvre pas. Il est vicieux, Muller, il a le beau rôle et il m’attend. Il jouit à l’avance des excuses que je vais lui présenter ; ça le fait goder, il devient humide.
Tout seul, dans ma petite cabine, je me monte le bourrichon.
À toute vapeur, je gonfle, je gonfle…
— Alors ? dit sèchement Muller.
C’en est trop. J’explose ! Je hurle, je trépigne. La bombe d’Hiroshima, le champignon atomique de Bikini, tout ça c’est de la vessie pétomane à côté de ma colère.
— Écoute, Muller, je dégoise, t’attends que je me transforme en paillasson, que je te sorte la romance des excuses parce que je me suis mêlé d’une chose qui ne me regardait pas, c’est bien ça, hein ? Eh ben ! non, petit gars, tu peux toujours t’abonner au Chasseur français pour te faire prendre patience ! Tes hommes sont des manches, des flics d’opérette, et toi, le seigneur, tu ressembles à ce qui se fait de mieux comme cornichon…
— Suffit ! crie-t-il.
— Non, ça suffit pas, hé ! tordu… Faut que je fasse mon petit Sherlock tout seulâbre, parce que tes boy-scouts classent les affaires qui viennent perturber leurs parties de belote. Râle pas ou on va s’expliquer chez le Vieux !
Là, il met un frein Westinghouse à ses protestations.
— Voyons, voyons, que se passe-t-il ?