Une seconde, je crois qu’il va me bouffer la rate, mais décidément il ne doit pas aimer les abats.

— Absolument certain, dit-il… L’autopsie nous donnera la preuve formelle.

Un bref salut, il met les adjas.

— S’il le dit, c’est que c’est vrai, assure le gardien. Ce gars-là, je l’ai jamais vu se gourrer une seule fois. Vous lui donneriez un os de gigot qu’il vous dirait de quoi le mouton est mort !

— Crise cardiaque ! je balbutie.

Franchement, les potes, je suis siphonné. Penser que ce mec est canné de mort naturelle dans de pareilles circonstances, c’est râlant… Ça manque de logique, à mon avis. Et un bon flic a horreur de ce qui manque de logique…

De toute façon, moi je n’ai rien à voir avec l’affaire. Je fais partie des services secrets et ce genre de délit n’est pas de mon ressort.

Je quitte donc la maison frigo, conscient d’avoir fait mon devoir au-delà de toute expression.

En sortant, je me casse le nez sur Chardon, inspecteur à la P.J. Chardon, c’est le genre bon gros pas bileux…

— Ah ! c’est toi qui es chargé de l’enquête ? fais-je.