— Tu ne me crois pas ?
— Pas beaucoup, non, M’man.
— Tu as tort, je…
— Excuse-moi de t’interrompre, M’man, mais je suis pressé…
— Comme toujours, soupire-t-elle. Je ne te vois jamais… Tu viens, tu pars… Enfin, il est vrai que tu pourrais être marié, en ce cas je ne te verrais pratiquement plus.
— Chasse ton cafard, M’man ; lorsque je reviendrai de Chicago, je prendrai huit jours de campo et nous irons faire une virée en Bretagne, en amoureux, t’es d’accord ?
— Ne le suis-je pas toujours ?
Je l’embrasse.
— Bon, alors écoute, il se peut que je n’aie pas le temps de repasser ici avant mon départ. Prépare-moi ma valoche : chemises, etc. Mon costume bleu uni et mon autre en tweed, vu ? Si à onze plombes je ne suis pas là, appelle un taxi et amène-toi à la gare aérienne des Invalides avec la valise.
— Bon…