— J’oubliais de te dire : un monsieur a téléphoné tout à l’heure, il voulait te parler.
— Il a dit son nom ?
— Oui, et il a laissé son adresse… 18, rue Joubert… M. Audran, il travaille aux Chèques postaux, à ce qu’il m’a dit… Il sera chez lui à partir de dix-neuf heures…
Les Chèques postaux !
Voilà qui me fait dresser l’oreille…
— Merci, M’man…
*
À ces heures, ça n’est pas commode de se garer place des Ternes… Comme j’en ai marre de tourner en rond et que les aiguilles de ma tocante tournent encore plus vite que moi, je prends un parti héroïque : celui de laisser ma tire en double file…
Puis, sans gaffer les gestes de sémaphore que m’adresse un agent, je bondis dans l’immeuble du défunt docteur Bougeon…
Je sonne à sa lourde, mais personne ne répond… Comme ça n’est pas à l’appartement que j’en ai, mais à la femme de ménage qui le fait reluire — ou qui est censée le faire reluire — je redescends chez la concierge… Ma troisième concierge dans cette enquête !