« Elle comprend que tout n’est pas aussi simple qu’elle l’a prévu lorsqu’elle me voit foncer tête baissée dans cette affaire. Elle sent que je suis un obstiné, que je brûle, qu’il y a du danger… Elle sent qu’elle ne peut rester sous le couvert d’une fausse identité… Que dis-je ! Avec l’identité d’un homme qu’elle a assassiné ! Alors elle redevient définitivement femme… Jo va être un homme en fuite… Elle téléphone à son père en lui disant être Jo et en prétendant qu’Isabelle a été assassinée et brûlée par Parieux… De cette façon elle va être morte officiellement… Elle a de l’argent, des pièces de valeur, elle va pouvoir réaliser son rêve : changer de peau sous d’autres cieux…
« Le pauvre toubib rapplique à Goussenville. En nous voyant devant un tas de cendres, il comprend que son interlocuteur n’a pas menti au téléphone… C’est la faillite : il se suicide…
J’ai de la sueur plein le front… Je l’essuie d’un revers de manche…
— Et voilà, dis-je à mon tour…
Chardon a la gueule ouverte comme celle d’une gargouille moyenâgeuse.
— Ah ! ben, patron, hoquette-t-il, ça, on peut dire que vous êtes fortiche ! Ah ! ben vous, vous savez vous servir de votre cervelle…
— Pas mal, admets-je…
— Oh ! cette gonzesse ! Vous parlez d’une gerce !
— Oui, c’est un drôle de lot…
— Vous croyez qu’on l’arrêtera ?