— Comment, tu as regardé ? Tu craignais que je les oublie ?

— Non, mais… je… je suis sûr que vous n’avez rien oublié !

— On peut toujours vérifier, non, ça ne coûte rien…

Je l’écarte d’une bourrade et je m’avance vers le salon. Parieux s’y trouve, comme prévu.

À mon arrivée, il se dresse et me regarde calmement. Il est plus grand encore que je ne le pensais. Il a d’épais sourcils qui accentuent la proéminence du front. Son nez est crochu, ses pommettes saillantes, ses mâchoires très marquées.

Ce qui domine chez cet individu, c’est un sentiment de force morale. Il a quelque chose d’obstiné, de farouche… On sent qu’il conserverait son calme même si vous mettiez le feu à son slip.

— Monsieur Parieux ? je demande gentiment.

— Lui-même ; à qui ai-je l’honneur ?

— Commissaire San-Antonio, c’est moi qui ai découvert hier matin le cadavre de Balmin dans votre voiture…

— Oh ! très bien, dit-il.