— Très bien…

Me voici seul dans l’appartement du défunt. Seul avec lui… La demoiselle d’à côté s’est propagée dans la strass et ça gronde dans l’escalier comme dans un poêle dont on a omis de fermer la porte du bas. Pas besoin de prévenir les condés, je suis certain qu’avant cinq minutes ils vont radiner les coudes au corps et disperser la populace à coups de pèlerine ! C’est la tactique maison numéro 1.

L’appartement est en ordre. Il se compose d’un vaste studio luxueusement meublé, d’une petite entrée, d’une cuisine-salle d’eau et d’une minuscule pièce qui sert de débarras.

Le cadavre ne porte aucune trace suspecte. Il va aller rejoindre à la morgue son vieux copain Balmin.

Avant-hier, ces deux gars étaient à un guichet des Chèques postaux. Ils vivaient le début d’une étrange et incompréhensible aventure. Et maintenant, les voilà déguisés en statues, l’un et l’autre. Je ne saurai peut-être jamais pourquoi Parieux a écrit « Au secours » sur un talon de chèque…

Je fouille dans les tiroirs des meubles : rien. Des factures classées dont beaucoup sont établies au nom de Balmin.

Il avait de l’ordre, Parieux. En tout cas si on l’a buté, ça n’était pas pour le voler, car l’appartement est envahi par des bibelots précieux dont certains doivent valoir une fortune !

Dans son portefeuille, je trouve une liasse de biffetons… Deux cents lacsés, pas tout à fait… Des papiers d’identité…

Sur ce : coup de sonnette signé bourdille.

Je vais ouvrir : deux hirondelles se tiennent debout devant le paillasson tandis que les locataires de l’immeuble et ceux des maisons avoisinantes font le siège de l’étage…