CHAPITRE VII
Où il est question d’un accidenté qui a la vue basse
Il fait jour lorsque je m’éveille.
Le bruit d’un moulin à café fracasse mon engourdissement. Je tâte le plume autour de moi et mes doigts avides ne rencontrent que le creux laissé par le corps de Grace.
Alors je me mets sur mon séant.
Elle est en train de préparer le déjeuner. Décidément, c’est une môme de première classe.
— Bien dormi ? gazouille-t-elle.
Elle sourit. Ça a l’air d’aller mieux sur le chapitre de la mélancolie. M’est avis que la petite séance de cette nuit lui a été salutaire, comme une cure à Vichy est salutaire aux hépatiques.
Croyez-moi, les grognaces ont toujours un moyen radical de surmonter leurs dépressions.
— Heureuse ? je demande sans une ombre de modestie…