Le haut-parleur d’Orly aboie dans le bar. Il dit aux voyageurs pour London de se manier la rondelle because le zoiseau à roulettes ne va pas tarder à mettre les adjas.

Nous sommes donc toute une flopée qui nous pressons sur l’aire d’envol.

Je prends place aux côtés d’une jolie souris platinée comme un bouchon de radiateur de Rolls. Elle a des cils façon ramasse-miettes et ce qu’elle s’est collé comme parfum pourrait camoufler les abattoirs de la Villette.

Elle entame la conversation.

— Est-ce la première fois que vous prenez l’avion, monsieur l’abbé ?

Il me faut une bonne douzaine de secondes pour réaliser qu’elle s’adresse au mec San-Antonio. Et je renaude d’être loqué en vicaire ! Avec cette robe, je me sens aussi à l’aise qu’un poisson rouge dans un litre de porto. J’ai l’impression d’être déguisé en pédoque. Je suis le gars respectueux de la religion, mais cette soutane me cause un malaise physique. Et puis elle me gêne aux entournures…

Je me tourne vers la mousmé et je lui file mon sourire le plus pur, style superdentifrice Colgate…

— Non, mon enfant, je lui bonnis. L’avion ça me connaît…

Je regrette aussitôt d’avoir pris langue avec elle car c’est une gonzesse qui ne peut pas garder son tiroir fermé plus de deux secondes.

La voilà lancée.