En pleine mer, moi, San-Antonio, un mec qui se sent perdu devant un verre d’eau… La flotte, je peux pas piffer ça ! Surtout lorsqu’elle est salée…

Dans mon crâne, le moteur s’est tu pour laisser place à la grosse rumeur de l’océan. Des petits feux d’artifice partent sous mon dôme et m’éblouissent.

En zigzaguant je gagne une table à toilette rivée à la cloison. Dieu soit loué (louez aussi ! comme disait un directeur de théâtre) il y a de l’eau de Cologne dans un flacon. Je me la renverse sur le cassis. Ce que ça peut faire du bien !

Je me sens beaucoup mieux. Tenez, on me donnerait un coup de gnole que je reprendrais goût à l’existence…

Mais les vaches n’ont pas laissé traîner la moindre gouttelette de rye !

Alors je me traîne jusqu’à la couchette et je m’y allonge. L’essentiel pour l’instant est de récupérer…

Je dois avoir une plaie à la tête car l’eau de Cologne me brûle maintenant comme du vitriol. Son odeur accentue mon mal de cœur… J’y tiens plus…

En gémissant, je me tourne de côté et je décroche les wagons !

Une heure s’écoule ; du moins d’après mon estimation. Mais allez vous fier à l’estimation d’un zig aussi groggy. Si vous preniez un casque de scaphandrier et que vous l’emplissiez de choucroute, vous obtiendriez à peu près ma tête du moment…

Ce qu’il m’a mis comme portion de parpaing, Stone ! J’ai été branché en direct sur l’infini… Vous parlez d’un voyage !