Où il est question de neige en plein été !

L’heure la plus épatante dans cette clinique de Londres, c’est celle qui précède le sommeil du soir.

Car il y a plusieurs sommeils : celui du matin, celui de l’après-midi et celui de la nuit !

Le soir, après le repas, entre la poire et le dodo, je reste une petite demi-heure seul avec mon infirmière. Elle s’appelle Dolly et elle parle le français… Elle est blonde et rose.

Je l’ai paluchée un soir à l’improviste, comme elle était penchée sur moi pour ajuster mes oreillers.

Nos yeux se sont croisés et elle a rougi parce que les miens contenaient un tas de choses qui font rougir les gonzesses bien élevées.

J’ai fait : « Mff » avec ma bouche pour l’inviter à trinquer.

Elle a hésité. Je croyais qu’elle allait m’envoyer ramasser des fraises mais, brusquement, j’ai eu ses lèvres sur les miennes, comme on dit dans les romans pour jeunes filles avancées. Sa bouche avait un goût de fruit mûr… J’ai mordu là-dedans comme dans une pomme. Et ma main est allée en exploration… D’abord, elle s’est cambrée… Elle a failli m’échapper, la petite garce ! Seulement, j’ai attaqué d’après mon dispositif 32 bis amélioré et tout ce qu’elle a pu faire, ç’a été de se jeter sur moi.

Y a des habitudes à prendre. Tous les soirs on remet la gomme ! En variant, bien sûr… Et elle tire le verrou… C’est rigolo tout plein ; les dames qui voudraient des explications complémentaires n’ont qu’à se mettre en rang par deux, je leur expliquerai ça en long et peut-être en large…

— Alors, murmure Dolly, lorsque, ce soir-là, j’ai achevé ma démonstration, vous partez demain ?