Item jurés semblablement
Que ne prendrés dons ne baguettes
Nouveaux a esjouissement
Sur saincte perse violette
Lassees a fleurs de violettes
Bourses de perles enlassees
Cordons a boutons d'amourettes
Ou soupirs de menues pencees

Item mouchoers deliés
Chenettes a fleurs d'oubliance
Gorgias trop menuz ploies
Pignes dorés a esperance
Les cuevrechiés de plaisance
Car prendre point ne les devés
Aneaux ou verges d'aliance
Ou fut escript mon cueur avez

En oultre nous est deffendu
De ne porter manches petites
Grans bonnetz sur le hault verdu
Chausses de mygraine eslite
Pourpoins taillés a marguerite
Ne de menger plaisant viande
Ne aussi succre de troys cuites
Sur peine de paier l'amende

Item vous avés a garder
De ses deux yeux tous fretillans
Que ses dames pour esclandrer
Font estre tousjours assaillans
Et dont les plus fors et vaillans
Sy y perdent l'entendement
Car ilz trenchent a deux taillans
Et tirent a eulx liement

Il y a des yeux d'autre façon
Doux yeux qui tousjours vont et viennent
Doux yeux eschauffans le peliçon
De ceulx qui amoureux deviennent
Doux yeux qui revont et reviennent
Doux yeux avançant la colee
Doux yeux qui boivent et retiennent
Et sy baillent bont et volee

Doux yeux reluisans comme asur
Qui sont perilleux et dangereux
Doux yeux tirans huille de mur
Dont souvent povres amoureux
Seuffrent mains tourmens doloreux
Sans en oser monstrer semblant
Doux yeux farouches et paoureux
Qui donnent la fievre tremblant

Doux yeux moitié blans moitié vers
Pour consoler et amortir
Doux yeux qui jectent de travers
Pour guerir ung amant martir
Doux yeux qui poingnent sans sentir
Doux yeux de piteux entremés
Qui font semblant de departir
Et sy ne bougent jamais

Doux yeux a xxv caras
Doux yeux a cler esperlissans
Qui dient c'est fait quant tu vouldras
A ceulx qui sentent bien puissans
Doux yeux en l'air resplendissans
Que chascun ainsi doibt bien craindre
Car ilz ardent tant sont glissans
Quant vous les cuiderés estaindre

Doux yeux renversés a grant haste
Doux yeux soubz rians aux estoilles
Qui dient c'est fait quant tu vouldras
Et faisant bater aux corneilles
Doux yeux jectans fermes oreilles
Qui font gallans nuyt et jour courre
Et entrer es feves nouvelles
Qui ne chiesent pas pour escourre

Il y a doux yeux d'autre sorte
Qui sont petillans et gingans
Dont compaignons portent la bote
Et changent souvent nouveaux gans
Telz gens servent a estringans
Ou a mignons dorelotés
Et les font tenir sy fringans
Qui n'ont garde d'estre crotés