Testium fides diligenter examinanda est, ideoque explorandum est si conditio, etc. An locuples, vel egens sit velucri causâ quid facile admittat. (Lib. XXII, tit. 5, lege Julia.) Cavetur ne in reum testimonium dicere liceret qui, etc.; et qui palam quoestum faciet fuerit ve. (Lege eâdem.)

Lucri causa moveri egenus facile praesumitur. (Cicero pro Fonteio.)

En effet, une personne dans l'indigence est plus facile à corrompre que celle qui est riche. (Lantin de Damerey.)

Note 78, pages [268]-[269].

Vers 8515-8562. Les galans qui ne voudront pas se ruiner auprès des femmes trouveront ici de quoi leur faire des présents à bon marché. Ovide, qui étoit un vieux routier en fait d'amour, apprend la manière de donner beaucoup et à peu de frais:

Nec dominam jubeo pretioso munere dones;
Parva, sed è parvis callidus apta dato
Dum bené dives ager, dum rasni pondere nutant,
Afferat in calatho rustica dona pucri:
[p.432] Rure suburbano poteris tibi dicere missa,
Illa tibi in sacrâ sint licet emptu viâ.
Afferat aut uvas, aut quas Amaryllis habebat;
At nunc castantas, nunc amat illa nuces.
(De Art. am., lib. II, 261.)

Voilà les présens de l'été. Il y a apparence que ceux de l'hiver n'étoient pas plus considérables. (Lantin de Damerey.)

Note 79, pages [268]-[269].

Vers 8532-8578. Jorroises. Je crois qu'il ne faut point mettre de virgule après beloces ni après d'avesnes; en ce cas-là, le sens seroit: bouquet d'avoine qui vient dans les terres appelées jorroises. Les paysans en Bourgogne donnent le nom de boulée à des raisins attachés en boule, dont ils font des présens, pendant la vendange, aux gens de leur connoissance qui n'ont point de vignes; ainsi beloces, d'avesne, ou boulaces, comme je l'ai lu dans un manuscrit, signifieroit une poignée d'avoine avec sa paille, ramassée en une espèce de bouquet ou de boule. Les anciens disoient une boulée de clés, parce qu'alors elles étoient attachées par un cordon à une boule de bois. Cette explication de beloces n'est qu'une conjecture, mais je la crois soutenable, en ce que Jehan de Meung ayant parlé de prunes au vers 8528, il étoit fort inutile d'en parler quatre vers plus bas.

A l'égard de jorroises, où le manuscrit Bouhier met jorreuses, qui se rapporte à avoine, Du Cange, au mot joria, donne à entendre que c'est le nom d'une terre destinée à rapporter de la graine; ainsi, [p.433] avesnes, jorroises ou jorreuses seroient des avoines crues dans un champ propre pour cette espèce de graine. (Lantin de Damerey.)