— Tout cela est absolument sans prix! dit Mme de Noclare d'une voix étouffée par l'admiration. Voyez ce manteau de fourrure! Il est plus que royal. Et ce point d'Alençon!

— Eh! il peut payer tout cela à sa femme, et bien d'autres choses encore! répliqua M. de Noclare d'un ton où la satisfaction orgueilleuse se mêlait à l'envie. Te doutes-tu seulement, Valderez, quelle fortune représente cette corbeille?… Eh bien, tu ne regardes même pas! En voilà une fiancée! Qu'as-tu à rêvasser avec cet air sérieux!

— Je me demande, mon père, pourquoi M. de Ghiliac m'envoie toutes ces choses, puisque je dois vivre à la campagne.

— Ah! tu t'imagines cela? Eh bien! je ne le crois plus maintenant, car, à mon avis, tout ceci signifie que ton fiancé, s'étant aperçu que tu porterais comme pas une ces parures, te destine une existence plus brillante que tu ne le penses.

— Je ne le souhaite pas! dit-elle avec une sorte d'effroi.

— Bah! il faudrait voir, si tu en goûtais, petite sauvage! Tu ne te doutes pas de l'effet que tu produirais… Sapristi! Quel goût dans tout cela! Ah! il s'y connaît en élégance, celui-là! Tu seras à la bonne école pour faire ton éducation mondaine, ma fille. Et voyez donc comme il a choisi ce qui convenait le mieux au genre de beauté de sa fiancée! Ces émeraudes font un effet incomparable dans ta chevelure, Valderez!

Il posait sur le front de sa fille le délicieux petit diadème, tandis que Marthe entourait sa soeur des plis souples d'une soierie brochée d'argent.

— Oui, tu es faite pour porter de telles parures, ma chérie! s'écria
Mme de Noclare avec enthousiasme.

Silencieusement, Valderez retira le diadème et le rangea dans son écrin, elle replia la splendide étoffe et s'en alla au grenier retirer le linge du dernier blanchissage.

Combien elle eût donné joyeusement tout cela en échange d'un peu d'affection, d'une sympathie réciproque!