Valderez considéra longuement le visage enfantin, un peu maigre, aux grands yeux mélancoliques.

— Elle ne vous ressemble pas, sauf peut-être les yeux, dit-elle en regardant M. de Ghiliac.

— Non! c'est plutôt le portait de sa mère, répliqua-t-il d'un ton bref, avec un léger froncement de sourcils.

Ils se trouvaient tous deux seuls dans le parloir. Mme de Noclare, sous prétexte d'un peu de fatigue, était remontée dans sa chambre, M. de Noclare s'éternisait dans la recherche de papiers qu'il voulait montrer à son futur gendre. Ils avaient jugé, l'un et l'autre, que ces fiancés par trop corrects et cérémonieux ne pourraient que bénéficier d'un tête-à-tête.

M. de Ghiliac, prenant les pincettes, se pencha pour redresser une bûche qui s'écroulait, tout en disant:

— Vous verrez demain ma mère et ma soeur aînée, la vicomtesse de Trollens. Ma soeur Claude, à son grand regret, ne pourra pas venir d'Autriche.

— M ais elle m'a écrit une lettre si charmante, accompagnant un délicieux cadeau! Elle doit avoir une bien aimable nature?

— Oui! elle est tout à fait bonne et gracieuse, et je suis certain qu'elle vous plaira, beaucoup plus qu'Eléonore. Celle-ci réalise un type de femme moderne qui vous semblera un peu étrange. Elle est d'ailleurs fort intelligente, elle a un nom dans la littérature comme romancier et poète. N'avez-vous rien lu d'elle?

— Si, quelques vers, je m'en souviens.

— Eh bien! vous ont-ils plu?