— Bonjour, mon père, dit une petite voix timide.
Il effleura d'une main distraite les boucles de l'enfant, en répondant froidement:
— Bonjour, Guillemette. Faites attention d'être toujours bien sage avec votre maman… Vous pouvez rejoindre votre institutrice, maintenant.
Le maître d'hôtel entrait, apportant le thé. Valderez demanda timidement:
— Ne permettrez-vous pas à Guillemette de demeurer un peu?
— M ais si vous le voulez! répondit-il d'un ton indifférent.
Tandis que Valderez ôtait ses gants, il lui dit, après avoir congédié du geste le maître d'hôtel:
— Puis-je vous demander de nous servir le thé?… si vous n'êtes pas fatiguée, toutefois?
Elle répondit négativement. Fatiguée, elle ne l'était pas au physique; mais moralement, sa lassitude était grande. L'atmosphère de cette demeure lui semblait tellement lourde! Et combien elle eût voulu se trouver loin de ce grand seigneur dont la courtoisie impeccable lui semblait une pénible ironie!
Elle servit le thé, puis elle essaya de faire causer Guillemette. Mais ce fut en vain; l'enfant semblait à peu près muette.