Un corps velu bondit tout à coup sur la balustrade, près de Valderez. C'était un chat noir, appartenant sans doute à quelque aide-jardinier. Valderez eut une exclamation d'effroi et, dans un mouvement répulsif, se recula si brusquement qu'elle se trouva dans les bras que son mari étendait d'un geste instinctif. Pendant quelques secondes, les lèvres d'Elie frôlèrent son front, et elle sentit sur ses paupières la caresse des moustaches soyeuses. Elle se dégagea hâtivement, en balbutiant:
— Pardon… ces animaux me produisent toujours une impression si désagréable…
Elle se dirigea vers le salon. Mais il ne la suivit pas, et demeura un long moment sur la terrasse, qu'il arpentait de long en large en fumant. Seule, dans le salon, Valderez avait pris son ouvrage. Mais l'aiguille faisait, ce soir, triste besogne. La jeune femme, nerveuse, agitée, se leva dans l'intention de remonter chez elle.
— Vous allez vous reposer?
Elie entrait, en prononçant ces mots d'une voix indifférente.
— Oui, je suis un peu fatiguée. Bonsoir, Elie.
— Permettez-moi de vous retenir une minute. Il faut que je vous annonce mon très prochain départ… pour après-demain.
— Vraiment! Vous vous êtes décidé bien vite!
— C'est mon habitude. Je hais les projets à longue échéance. Je vais passer quelques jours à Paris, et de là je partirai pour Cannes.
— Mais alors… Benaki… vous l'emmenez?