—Ce n'est qu'une bien petite maladresse, prince. Mitzi, je crois, n'en est pas coutumière.
—Coutumière ou non, le fait n'existe pas moins… Vous pouvez vous retirer, Mitzi, Mademoiselle Elyanni voudra bien vous remplacer.
Il n'y avait pas à discuter, le ton était péremptoire, et le Père Joaldy lui-même ne pouvait rien ajouter de plus… Tandis que Mitzi s'éloignait en comprimant ses sanglots, Myrtô se leva pour accomplir l'ordre donné par la voix impérative du prince Milcza. Mais Karoly protesta, il ne voulait pas quitter Myrtô…
—Moi, je le veux! dit son père d'un ton sans réplique. Donnez-le-moi, Mademoiselle, et servez-nous promptement, je vous prie, car Mitzi nous a retardés.
Il prit l'enfant sur ses genoux, l'entoura de ses bras en le couvrant d'un long regard… Et Myrtô pensa qu'il avait saisi la première occasion venue pour enlever son fils à celle qui portait ombrage à sa jalouse tendresse paternelle.
CHAPITRE VII
Quelques jours plus tard, comme Myrtô, le soir, prenait congé de ses parentes pour remonter dans sa chambre, la comtesse Zolanyi lui dit:
—Venez un instant chez moi, mon enfant, j'ai à vous remettre quelque chose.
Myrtô la suivit au premier étage, jusqu'au petit salon qui précédait sa chambre. La comtesse ouvrit un tiroir de son bureau et y prit un élégant porte-monnaie de cuir fauve.
—Le prince Milcza a réglé lui-même les émoluments qu'il vous doit en retour des services demandés par lui près de son fils. Il m'a remis ceci pour vous…