—Myrtô!

Il était devant elle, agenouillé sur les degrés de marbre, ses mains saisissaient celles de la jeune fille, son regard plein de terreur et d'angoisse s'attachait sur le visage aussi blanc que les colonnes de marbre…

—Myrtô, êtes-vous blessée?

—Non, grâce à Dieu, répondit-elle faiblement.

—Misérable que je suis! dit-il d'un ton de sourd désespoir. Vous!… vous qui avez prodigué votre dévouement à mon enfant!… vous qui avez risqué votre vie pour lui!… Myrtô, pardonnerez-vous jamais à ce malheureux fou!… Car j'étais fou de douleur, tout à l'heure, après cette nuit atroce où j'ai revu sans cesse, mon amour, mon Karoly.

—Oui, vous n'étiez plus vous-même, je l'ai compris, dit-elle avec douceur. Moi, je n'ai rien à vous pardonner… ce n'est pas moi, prince, que vous avez offensée par votre accès de désespoir.

—Je ne crois plus, dit-il d'un ton où Myrtô sentit passer une profonde amertume.

Des larmes montèrent aux yeux de Myrtô, ses mains frémirent un peu dans celles du prince…

—Le voilà, votre grand malheur! dit-elle d'une voix étouffée par l'émotion. Si vous aviez la foi, votre douleur aurait été supportable… Mais réellement, je ne puis croire que vous, élevé chrétiennement, n'en ayez pas conservé au fond du coeur au moins une légère étincelle!

Il s'était levé, en tenant toujours une des mains de la jeune fille, son regard adouci enveloppait le beau visage attristé où rayonnait l'âme fervente et si ardemment chrétienne de Myrtô…