—Je fais de mon mieux.

—Comme elle crie! Otez-vous de là, laissez-moi faire... Elle est morte!... Ris bien, grand nigaud; il y a, en effet, de quoi rire... Ma pauvre Nicole est morte!

—Non, madame, non, je crois qu'elle en reviendra, la voilà qui remue.»

Et Nanon, de frotter d'eau-de-vie le nez de la chienne, et de lui en faire avaler; et l'hôtesse de se lamenter, de se déchaîner contre les valets impertinents; et Nanon, de dire: «Tenez, madame, elle ouvre les yeux; la voilà qui vous regarde.

—La pauvre bête, comme cela parle! qui n'en serait touché?

—Madame, caressez-la donc un peu; répondez-lui donc quelque chose.

—Viens, ma pauvre Nicole; crie, mon enfant, crie si cela peut te soulager. Il y a un sort pour les bêtes comme pour les gens; il envoie le bonheur à des fainéants hargneux, braillards et gourmands, le malheur à une autre qui sera la meilleure créature du monde.

—Madame a bien raison, il n'y a point de justice ici-bas.

—Taisez-vous, remmaillottez-la, portez-la sous mon oreiller, et songez qu'au moindre cri qu'elle fera, je m'en prends à vous. Viens, pauvre bête, que je t'embrasse encore une fois avant qu'on t'emporte. Approchez-la donc, sotte que vous êtes... Ces chiens, cela est si bon; cela vaut mieux...

JACQUES.