«—Monsieur Le Pelletier, laissez-moi en repos; quand je veux donner, je ne me fais pas prier...»
«Et cela dit, M. Aubertot lui tourne le dos, passe de sa porte dans son magasin, où M. Le Pelletier le suit; il le suit de son magasin dans son arrière-boutique, de son arrière-boutique dans son appartement; là, M. Aubertot, excédé des instances de M. Le Pelletier, lui donne un soufflet...»
Alors mon capitaine se lève brusquement, et dit à l'orateur: «Et il ne le tua pas?
—Non, monsieur; est-ce qu'on tue comme cela?
—Un soufflet, morbleu! un soufflet! Et que fit-il donc?
—Ce qu'il fit après son soufflet reçu? il prit un air riant, et dit à M. Aubertot: «Cela c'est pour moi; mais mes pauvres?...»
À ce mot tous les auditeurs s'écrièrent d'admiration, excepté mon capitaine qui leur disait: «Votre M. Le Pelletier, messieurs, n'est qu'un gueux, un malheureux, un lâche, un infâme, à qui cependant cette épée aurait fait prompte justice, si j'avais été là; et votre Aubertot aurait été bien heureux, s'il ne lui en avait coûté que le nez et les deux oreilles.»
L'orateur lui répliqua: «Je vois, monsieur, que vous n'auriez pas laissé le temps à l'homme insolent de reconnaître sa faute, de se jeter aux pieds de M. Le Pelletier, et de lui présenter sa bourse.
—Non certes!
—Vous êtes un militaire, et M. Le Pelletier est un chrétien; vous n'avez pas les mêmes idées du soufflet.