«C'est trop tard, leur dis-je, laissez-moi ici, je veux y mourir.»

Cependant elles m'avaient relevée, et elles m'entraînaient; on me reconduisit dans ma cellule, où je trouvai la supérieure.

«J'ai consulté Dieu sur votre sort; il a touché mon cœur: il veut que j'aie pitié de vous: et je lui obéis. Mettez-vous à genoux, et demandez-lui pardon.»

Je me mis à genoux, et je dis:

«Mon Dieu, je vous demande pardon des fautes que j'ai faites, comme vous le demandâtes sur la croix pour moi.

—Quel orgueil! s'écrièrent-elles; elle se compare à Jésus-Christ, et elle nous compare aux Juifs qui l'ont crucifié.

—Ne me considérez pas, leur dis-je, mais considérez-vous, et jugez.

—Ce n'est pas tout, me dit la supérieure, jurez-moi, par la sainte obéissance, que vous ne parlerez jamais de ce qui s'est passé.

—Ce que vous avez fait est donc bien mal, puisque vous exigez de moi par serment que j'en garderai le silence. Personne n'en saura jamais rien que votre conscience, je vous le jure.

—Vous le jurez?