Ils entrent, ils parcourent les cellules, ils interrogent les religieuses, ils se font rendre compte de l'administration temporelle et spirituelle; et, selon l'esprit qu'ils apportent à leurs fonctions, ils réparent ou ils augmentent le désordre. Je revis donc l'honnête et dur M. Hébert, avec ses deux jeunes et compatissants acolytes. Ils se rappelèrent apparemment l'état déplorable où j'avais autrefois comparu devant eux; leurs yeux s'humectèrent; et je remarquai sur leur visage l'attendrissement et la joie. M. Hébert s'assit, et me fit asseoir vis-à-vis de lui; ses deux compagnons se tinrent debout derrière sa chaise; leurs regards étaient attachés sur moi. M. Hébert me dit:
«Eh bien! Suzanne, comment en use-t-on à présent avec vous?»
Je lui répondis: «Monsieur, on m'oublie.
—Tant mieux.
—Et c'est aussi tout ce que je souhaite: mais j'aurais une grâce importante à vous demander; c'est d'appeler ici ma mère supérieure.
—Et pourquoi?
—C'est que, s'il arrive que l'on vous fasse quelque plainte d'elle, elle ne manquera de m'en accuser.
—J'entends; mais dites-moi toujours ce que vous en savez.
—Monsieur, je vous supplie de la faire appeler, et qu'elle entende elle-même vos questions et mes réponses.
—Dites toujours.