Damilaville est moribond. Plus de force, pas même pour faire un pas. Plus d'appétit; nausées, défaillances, et abandon de médecin.

Je ne saurais vous répondre sur l'histoire des portraits: je ne sais plus ce que c'est. Aussi y a-t-il toujours une bonne quinzaine entre mes lettres et os réponses! Voulez-vous parler de la mystification? Les embarras d'un départ prochain ont tout suspendu, et le départ tout réduit à rien. Il ne nous reste de cela qu'une scène excellente, l'attente trompée de trois ou quatre autres, mais point de portraits.

Je n'ai point vu M. Trouard. J'attends toujours sa visite promise par l'abbé. S'il ne vient pas, j'irai.

Ce dîner, je crois vous l'avoir dit, était un guet-apens où j'aurais bien donné sans un de ces hasards de ce pays-ci Je devais me trouver en tête-à-tête avec Mme de Coaslin. Cela s'est éventé par la Guimard qui le savait, et qui le confia à un libertin de sa société qui m'en avertit. Ô la belle contrée où un libertin tient un philosophe par la main, et où la duchesse n'est séparée de la fille que par un intermédiaire commun qui dit souvent à la fille ce qu'il laisse ignorer à la duchesse!

J'espère quelquefois que M. Trouard veut me présenter la nomination de l'abbé; c'est un tour tout à l'ait à la façon de l'autre: il faut voir, et ne pas le leurrer de fausses espérances.

Perdez, madame, perdez au trictrac tant qu'il vous plaira, mais n'allez pas gagner au whist; cela ne serait pas honnête.

Ah! voilà M. l'abbé Marin arrivé! J'entendrai parler de vous quand il plaira à Dieu. Mais je commence à me résigner à tout.

Je savais tout ce que vous me dites de M. et de Mme Duclos; celui-ci est bien heureux de ne pouvoir vieillir; je lui envie ce secret, et le plaisir d'être auprès de vous. Voilà une ligne que vous ne passerez pas, parce qu'écrite elle ne signifie pas grand'chose, et que passée, on y mettrait de l'importance.

Agréez tout mon respect.