—Lirila, dit le prince, s'embarrassait bien de ces raisons! J'interprétai son sommeil comme un consentement de préparer son voyage. On se constitua dans des dépenses dont elle ne daigna pas seulement s'informer; et nous ne sûmes qu'elle restait qu'au moment de partir, lorsqu'on eut mis les chevaux à cette admirable voiture que vous nous envoyâtes. Alors, Lirila, ne sachant pas bien positivement ce qu'il lui fallait, me tint à peu près ce discours:

«Prince, je crois que vous pouvez aller seul, et que je reste.

«—Et pourquoi donc, madame? lui demandai-je.

«—Pourquoi? Mais c'est qu'il me semble que je ne veux ni de vous, ni de votre père.

«—Mais, madame, d'où naît votre répugnance? Il me semble, à moi, que vous pourriez vous trouver mal d'un autre.

«—Tant pis pour lui; je me trouve bien ici.

«—Restez-y donc, madame...»

«Et je partis sans prendre mon audience de congé de l'empereur, qui s'en formalisa beaucoup, comme vous savez. Je revins ici vous rendre compte de mon ambassade, vous courroucer de ce que je ne vous avais pas amené une sotte épouse, et obtenir l'exil pour la récompense de mes services.

—Mon fils, mon fils, dit sérieusement Zambador au prince, vous ne me révélâtes pas tout alors, et vous fîtes sagement.»

La sultane dit à sa chatouilleuse: