—Pourquoi Dieu donne-t-il le talent à des gens semblables! murmura-t-il.
III
Cependant Léonard était toujours courbé au-dessus de sa table de travail.
Une hirondelle entra par la croisée ouverte, tourbillonna dans la chambre, se heurta au plafond et aux murs, et enfin se prit dans l'aile de la machine comme dans un filet, se débattit sans pouvoir en sortir.
Léonard s'approcha, désemprisonna l'oiselet avec précaution, la prit dans sa main, embrassa sa petite tête noire et lui donna la volée.
L'hirondelle prit son élan et disparut avec un cri heureux.
«Comme c'est facile, comme c'est simple!» pensa Léonard en la suivant d'un regard envieux. Puis il contempla sa machine avec dépit et dégoût.
L'homme qui dormait s'éveilla.
C'était l'aide de Léonard, un habile mécanicien fondeur florentin, nommé Zoroastro ou plutôt Astro da Peretola. Il sauta et se frotta son œil unique, l'autre ayant été brûlé par une étincelle. Ce difforme géant, au visage enfantin toujours couvert de suie, ressemblait à un cyclope.
—J'ai dormi! s'écria le fondeur désespéré en secouant sa tête chevelue. Que le diable m'emporte! Ah! maître, pourquoi ne m'avez-vous pas éveillé? Je me hâtais, espérant avoir terminé ce soir, pour voler demain matin...