Les troupes françaises approchaient de Milan. La populace se révoltait. Il n'y avait pas de temps à perdre.
Comme jadis lorsqu'il quittait Laurent de Médicis pour aller chez le More, le More pour César, César pour Soderini, Soderini pour Louis XII, Léonard maintenant se rendait auprès de son nouveau protecteur, Julien de Médicis, avec une résignation ennuyée, continuant, éternel errant, ses voyages sans espoir.
«Le 23 septembre 1513—inscrivait-il méticuleusement dans son journal—j'ai quitté Milan pour Rome, avec Francesco Melzi, Salaino, Cesare, Astro et Giovanni.»
CHAPITRE XVI
LÉONARD DE VINCI, MICHEL-ANGE ET RAPHAEL
1513-1515.
La patience pour les outragés est comme le vêtement de ceux qui grelottent; à mesure que le froid augmente, habille-toi plus chaudement et tu ne sentiras pas le froid. Ainsi au moment des grands outrages, augmente ta patience et l'offense n'atteindra pas ton âme. Ingiurio offendere no si potramo la tua mente.
LÉONARD DE VINCI