—C'est moi. Ouvre.
Astro sortit de la maison et ouvrit.
Une femme vêtue d'une robe blanche qui prenait, sous les rayons de la lune, la teinte verdâtre du brouillard, pénétra dans la cour.
Tout d'abord, ils causèrent près de la grille. Puis ils passèrent devant Giovanni, caché par l'ombre de la vigne, sans le remarquer.
La jeune fille s'assit sur le rebord du puits.
Son visage était étrange, indifférent, impassible comme celui des statues antiques: un front bas, des sourcils droits; un tout petit menton et des yeux jaunes, transparents comme l'ambre. Mais ce qui frappa le plus Giovanni, ce furent ses cheveux; duveteux, légers, ils ressemblaient aux serpents de Méduse, entourant la tête d'une auréole noire qui faisait paraître le teint plus pâle, les lèvres plus rouges, les yeux jaunes plus transparents.
—Alors, Astro, tu as aussi entendu parler du frère Angelo? demanda la jeune fille.
—Oui, monna Cassandra. On dit qu'il est envoyé par le pape pour déraciner les hérésies et les magies noires... Quand on entend ce que disent les Pères inquisiteurs, on en ressent la chair de poule. Que Dieu nous épargne de tomber entre leurs pattes! Soyez prudente. Prévenez votre tante...
—Mais elle n'est pas ma tante!
—N'importe! Cette monna Sidonia chez laquelle vous vivez.