L'on scet bien par raison expresse
Sans ouyr sermon ne prescheur
Que toute femme est pecheresse
Et tout homme aussy bien pecheur.
Mais au regard de leur doulceur
L'omme n'est pas tant embely
Qu'il peust estre son reproucheur
Pour la contempner plus que ly
Venons aux oeuvres vertueuses
De moult de femmes anciennes
Et oblions les maleureuses
Soyent juyfves ou payennes
Mais selon vertuz terriennes
Vouz trouverez point ne m'en doubte
Leurs bontez tant historiennes
Com de l'omme qui lez reboute
Quelle fut hester la royne
Que assuerus appaisa
De son ire/ enclin a ruyne
Dont encor o dieu sa paix a
Quelle susanne/ que laissa
Mener son corps pour condenner
Pource qu'a vilains n'abassa
Son cueur dont dieu la peust damner
Quelle fut la sage Sibille
Qui a octavien le roy
Monstroit comme sçavant habile
La vierge o son filz par le doy
Les cieulx souvrirent devant soy
Et lors en ung ray se monstroit
Le filz de dieu/ cecy est foy
Et grant merite a qui le croit
Abigahil. femme a nabal
Que repaisa l'ire a david
Proposa faire tant de mal
A nabal/ ce qu'oncques ne fist
Car aussy tost comme il la vist
En meurs et en vertuz sy belle
Sa grant fureur luy refroidist
Et ne fist mal/ n'a luy n'a elle
Judith la vaillant batalliere
Que olofernes mist a fin
N'est pas l'istoire trop legiere
Quant mise est en l'escript divin
Et une me vient en l'engin
La plushumle et obediente
Qu'oncques je trouvasse en latin
Griselidis la patiente
Dix mil autres. s'il fait besoing
Nommeroie. de tel affaire.
Se ne fust. que j'ay peur en soing
De trop ennuy aux oyans faire
La bible en est bel exemplaire
Aussi pluseurs autres cronicques
Que ja pour flater ne complaire
Ne diront choses corronicques
Ou est celuy qui encuser
Oseroit mainte vierge saincte
Que pour divine vie user
S'est nuit et jour de laine çainte
En oraison. en june. en crainte
En charité. en abstinence
Et a nature ainsi contrainte
Pour vivre en pure continence
Cestes me semble sont du nombre
Des femmes/ qui bien le conçoit
Toutesvoyes n'a il encombre
En elles/ quelque peu que soit
Oncq homme d'elles n'approuchoit.
N'en cueur n'en fait par entreprise
Ou saincte eglise me deçoit
Que telles les advoue et prise
Fut oncque creature humaine
De sy belle et grant repentence
Comme la saincte magdalene
Mirouer de toute penitence
A qui dieu pour sa grant constance
Donnoit vision angelicque
Telle/ qu'onc humane substance
N'avoit/ si grant ne si publicque