Femme est. a qui tout homs s'encline
Vive refection des saints
Vigueur et vitesse benigne
Pilier soustenement des vains
Ung desir insolable aux sains
Le vray repos des travailliez.
L'escu de tous perilz souldains
La clarté des cueurs desvoyez
Femme est la vie des malades
Vray secours et refection
Solas et reconfort des fades
Impetrant leur salvation
Femme est qui exaltation
A/ es cieulx sur nature humaine
Et gloire et exultation
Sur toute haulteur souveraine
Femme est a qui ange ne peult
Assez d'onneur ne grace rendre
Ne homme tant y penser veult
Qui peust sa dignité comprendre
Car se chescune herbette ou cendre
Fust clere. comme saint augustin
Et tous y voulsissent entendre
Se n'y pourroient ilz trouver fin
Femme est qu'oncques cueur ne comprint
Ne ne cessa d'esmerveillier
Que jamais pechié n'entreprint
Ne pensement fol ne legier
Femme est l'incorrumpu vergier
Qui de venin n'eust oncques dragme
Ne tache/ qui la peust chargier
Tant en dy pour la vierge dame
Dames sont le jardin fertile
Racine d'umaine nature
L'arbre couvenable et utile
De terrienne nourriture
Dames sont la doulce pasture
Ou il convient tout homme paistre
Et toute humaine creature
Croistre fructifier et naistre
Dames sont entretenement
Du monde/ et ung plaisant secours
Ung pilier ung soustenement
Ung tresmelodieux recours
Elles sont fleuves de doulçours
Une mer de toute plaisance
Ung tresor de riches amours
Et le vivier de souffisance
Dames sont le solas la joie.
Des hommes et tout leur plaisir
Le miroir qui leurs yeulx esjoie
Le ray qui lez mect en desir
C'est ce qui fait homme saisir
En espoir de grant bien avoir
Et que trop fait meilleur choisir
Que nulle richesse ou avoir.
Dames sont le deduit des princes
La regle des bons chevaliers
Et l'onneur des toutes provinces
L'espoir aux vaillans batailliers
L'enseignement des seculiers
La discipline de noblesse
Vergoigne des irreguliers
Et crainte de cil qui honneur blesse
Dames sont enhort de vaillance
Richesse et tresor des vaillans
L'arche de toute bien vueillance
Humble repos des travaillans
Force et vigueur des deffaillans
Cause de toute haulte emprise
Ferme eschellon aux assaillans
Confort en leur blessure et brise
Dames sont cause des bienffais
Du monde et de tout leur affaire
Confusion des imparfaiz
Et qui n'ont vouloir de bien faire
Dames ont pouoir de refaire
Et redrecer tout cueur meffait
Et de tout imparfait parfaire
Et l'anoblir d'euvre et de fait