UNE PORTE DE L’ENCEINTE

Au treizième siècle, les Siamois (les Taïs) commencèrent à envahir le pays et battirent les brahmanes sous les murs d’Ang-Kor-Thom : les Cambodgiens en profitèrent pour se révolter contre les oppresseurs qui les avaient si longtemps maintenus sous leur joug et les chassèrent ou les tuèrent. Et comme les Révolutions n’épargnent pas plus les monuments que les hommes et s’attaquent volontiers à l’architecture, les anciens esclaves tournèrent leur fureur contre les Temples auxquels ils reprochaient d’avoir abrité des Dieux défavorables. Cette crise de vandalisme explique l’état de dégradation des monuments. Ils ne sont pas pourtant très anciens ; mais les hommes détruisent plus vite que le temps…

Ainsi l’histoire se recommence partout et toujours et cette vérité déjà plusieurs fois constatée se passe de commentaires.

LA FORÊT ENVAHISSANTE

… Après avoir admiré ce qui reste des bas-reliefs et des inscriptions d’Ang-Kor-Vat, nous laissons la voiture près de la Bonzerie et nous partons, les uns à pied, les autres à cheval, pour Ang-Kor-Thom.

A 2 kilomètres se trouve une des portes de l’enceinte (longue de près de 12 kilomètres) qui entoure les Temples d’Ang-Kor-Thom.

M. Comaille a déjà entrepris la lutte, dont il sortira vainqueur, contre la forêt envahissante : à travers le fouillis des branches et des lianes, il a fait, d’après ses études, rouvrir les deux grandes avenues à la place même qu’elles occupaient jadis, et bientôt les Temples seront enfin déblayés de la brousse et de la végétation parasite qui les recouvrent entièrement, disjoignant les pierres et lézardant les murailles. On peut entrevoir le jour prochain où la beauté d’Ang-Kor sortira de ses voiles. Ce que M. Comaille a pu déjà réaliser avec un budget insuffisant permet d’espérer une résurrection sublime si l’on veut l’aider dans son œuvre.