«Cette liste n'est rien moins que complète; on n'y lit même pas les noms des maisons les plus connues pour entretenir des relations habituelles avec nos ennemis.--Le séjour que vous avez fait en Batavie a, au surplus, dû vous convaincre, monsieur le général, qu'aucune maison de commerce ne serait, pour ainsi dire, à l'abri de reproches, si toutes ne pouvaient présenter pour excuse la tolérance coupable de leur gouvernement.

«Cette tolérance est telle, que les expéditions de beurre et de fromage sont devenues plus actives depuis la connaissance donnée au commerce du concours des forces françaises pour empêcher la contrebande. On s'est empressé de profiter du temps qui devait naturellement s'écouler jusqu'à l'arrivée des forces distribuées par vos ordres sur les différents points de la côte, et j'ai la certitude que des crédits sont même encore donnés par des maisons de Londres sur des négociants d'Amsterdam pour des achats considérables de beurre dans la province de Frise, où il est plus facile que sur tout autre point d'échapper à la surveillance des troupes.

«Dans un tel état de choses, peut-être jugerez-vous, monsieur le général, devoir charger une personne investie de toute votre confiance de se rendre à la Haye pour m'y faire connaître vos intentions et préparer, de concert avec elle, les instructions définitives des agents, tant civils que militaires, établis sur les côtes.»

LE MINISTRE DE LA GUERRE À MARMONT.

«Paris, le 11 novembre 1804.

«Son Excellence le ministre de la marine m'a prévenu, général, que, d'après la demande que vous en avez faite, il avait donné des ordres pour faire stationner, à l'embouchure de la Meuse, les deux bricks le Phaéton et le Voltigeur, à l'effet d'empêcher les communications et la contrebande qui ont lieu entre la Hollande et l'Angleterre.

«Le ministre de la marine m'annonce en même temps que, si ces deux bâtiments vous paraissaient insuffisants pour le service auquel ils sont affectés, il ferait en sorte d'y destiner en outre quelques canonnières ou bateaux canonniers.»

LE MINISTRE DE LA GUERRE À MARMONT.

«Paris, le 11 novembre 1804.

«Je vous adresse, général, les lettres de Sa Majesté Impériale, qui vous appellent à assister à la cérémonie de son couronnement et du sacre, qui aura lieu le 2 décembre.