«Ces considérations sortent un peu, je le sais, de vos occupations habituelles. Je ne vous en parlerais point si vous n'étiez que général d'armée; mais vous aimez l'Empereur et votre pays; vous êtes en état de les servir tous deux sous plus d'un rapport; et, si le général rejette ces détails, le conseiller d'État m'entendra.»
«P. S. Ma lettre finie, mon cher général, je m'empresse de vous annoncer que le gouvernement a cédé; mais, pour conserver une sorte de liberté dans ses délibérations, il a demandé que je lui adressasse une note à l'effet de lui déclarer:
«1° Que c'est la volonté expresse de Sa Majesté.
«Assurément il ne pouvait pas en douter; je le lui ai écrit et dit assez de fois.
«2° Que l'arrêté entraîne l'insubordination de l'armée, etc., etc.
«La chose était évidente sans ma déclaration.
«N'importe; je vais la faire dans des termes convenables à la dignité de mon gouvernement, et l'arrêté sera retiré jusqu'à la décision de Sa Majesté, laquelle bien certainement ne l'approuvera point.
«À quoi bon ces notes? direz-vous.--À trouver un moyen de délibérer sans avoir l'air de céder à la lettre dans laquelle vous parlez de votre voyage à la Haye avec une assistance convenable.
«C'est cette menace d'assistance qui a produit son effet; mais on ne veut point l'avoir vue, et on demande note officielle à l'ambassadeur.»
M. DE SÉMONVILLE À MARMONT.