«2° Les intentions de Sa Majesté Impériale et Royale sont-elles que l'on frappe de réquisitions ce pays?
«J'ai dû provisoirement répondre que je ne savais pas que vous eussiez l'ordre d'occuper les pays appartenant à l'Autriche, sur la rive droite de l'Isonzo.
«Vous verrez, par la copie de trois lettres que je vous envoie, que l'on continue à faire des réquisitions sur le territoire autrichien, ce que le cabinet de Vienne réclame comme une contravention à l'article 22 du traité de paix.
«Je vous prie, général, de me faire connaître les ordres que vous pourriez avoir reçus de l'Empereur directement, et qui seraient contraires aux dispositions du traité: je vous demanderai également quelques détails sur votre position à l'égard du territoire autrichien et de la ligne militaire que vous devez occuper conformément au traité.
«Les trois lettres dont je vous envoie copie prouveraient que l'on frappe encore des réquisitions sur le territoire autrichien, ce qui est évidemment contraire au traité. Je vous prie de me donner des éclaircissements sur cet objet, afin que je puisse répondre à M. de la Rochefoucauld.»
LE PRINCE EUGÈNE À MARMONT.
«Varèze, le 2 juillet 1806.
«Vous aurez sans doute été prévenu que le général Lauriston, attaqué par des forces supérieures, a cru devoir se renfermer dans Raguse. Le général Molitor marche pour tourner l'ennemi, et j'envoie de l'Istrie par mer le 60e régiment. En conséquence, vous voudrez bien envoyer en Istrie le 18e régiment d'infanterie légère, en gardant son dépôt et les hommes qui ne sont point à l'école de bataillon à Pardenone, où se trouve en ce moment le régiment. Aussitôt que les événements deviendront plus tranquilles de ce côté, ce régiment vous rentrera probablement.
«Je rends compte du présent ordre à Sa Majesté.
«Sur ce, monsieur le colonel général, je prie Dieu qu'il vous ait en sa sainte garde.»