«On peut cependant compter que, selon l'usage établi à l'armée de Portugal, les soldais ont une réserve de quinze jours de vivres qu'ils portent dans leurs sacs. Mais cet approvisionnement vient d'être consommé pendant le mouvement que je viens d'exécuter, et il faudra du temps et de nouveaux efforts pour pouvoir le reformer.
«Votre Majesté désire connaître où en est la solde de l'armée. Les six premières divisions sont alignées au mois de juin 1811, et il leur est dû dix mois de solde; la septième au mois de septembre, ainsi il lui est dû huit mois; la huitième division au mois d'octobre 1810, ainsi il lui est dû dix-huit mois. Ce seul exposé suffit pour faire connaître à Votre Majesté dans quelle misère est l'armée.
LE GÉNÉRAL DORSENNE AU MARÉCHAL MARMONT
«Vitoria, le 21 avril 1812.
«Mon cher maréchal, je ne reçois qu'aujourd'hui la lettre que Votre Excellence m'a fait l'honneur de m'écrire de la Caritas le 6 février.
«Je dois lui répéter ce que je lui ai déjà annoncé le 11 de ce mois, qu'il m'est impossible d'envoyer il Valladolid une de mes divisions comme elle le désire, que les troupes qui me sont annoncées depuis deux mois ne sont pas arrivées, et que, partout où mes garnisons sont établies, elles n'y sont que trop faiblement.
«Je vais redoubler d'efforts, monsieur le maréchal, pour vous renvoyer vos deux régiments de marche qui gardent encore les communications d'Irun à Vitoria, et je n'estimerai heureux de pouvoir y réussir.»
LE ROI JOSEPH AU MARÉCHAL MARMONT.
«Madrid, le 1er mai 1812.
«Monsieur le maréchal, j'ai reçu en même temps vos lettres des 16 et 21 avril. Le mouvement que vous avez fait n'ayant pas eu l'effet qu'on espérait, et ne pouvant pas rendre toute votre armée disponible en ordonnant au général Dorsenne de remplacer vos troupes en Castille, j'approuve fort la proposition que vous faites de vous rendre avec quatre divisions dans la vallée du Tage pour opérer, par l'Estramadure, en faveur de l'Andalousie. Je vous engage à hâter ce mouvement le plus que vous pourrez.